La Stévia, édulcorant naturel : dangereux pendant la grossesse ?

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Stévia chez la femme enceinte.

Stévia et grossesse est un sujet qui fait pas mal polémique à partir du moment où toutes les études menées sur cette plante sont très controversées.

Avant de vous donner mon avis sur l’utilisation de la stévia pendant la grossesse, découvrons ce qu’est la stévia.

Qu’est-ce que la stévia ?

La stevia provient d’une plante de la famille des astéracées (comme la chicorée dont l’endive, l’artichaut, la laitue, salsifis, tournesol…).

Elle est originaire d’Amérique du Sud, elle pousse à l’état sauvage dans des prairies ou des massifs montagneux. La stévia est utilisée depuis très longtemps en Amérique du Sud pour sucrer les boissons et la nourriture.

On la classe dans la catégorie des édulcorants ce qui signifie que c’est un produit ayant un goût sucré. La différence est que celui-ci est naturel comme le sirop d’agave. A l’inverse l’aspartame ou à la saccharine sont quant eux des édulcorants chimiques.

La stévia renferme des molécules appelées steviols glycosides. Elles ont un pouvoir sucrant jusqu’à 300 fois plus intense que le saccharose présent dans le sucre. Un grand pouvoir sucrant  mais sans apporter de calorie.

Comme la stevia ne contient ni saccharose, ni glucose, ni fructose, c’est un leurre pour notre organisme. En effet, le système nerveux reçoit l’information du goût sucré sans en apporter les bénéfices.

Elle a aussi un effet non négligeable sur l’augmentation du taux de glucose (sucre) dans le sang. Cela ferait d’elle un allié en cas de problème glycémique lors d’un diabète par exemple.

Cette plante est autorisée sur le marché français comme édulcorant depuis 2010. La stevia se présente donc comme une alternative directe à l’aspartame.

Quels sont les avantages à utiliser de la stevia ?

L’utilisation de la stévia pour sucrer les boissons et autres aliments peut être un bon moyen de réduire sa consommation de sucre au quotidien.

Sucrage à la stévia, qu’en est-il ?

La stévia présente les mêmes avantages que les autres édulcorants de synthèse. On aura une diminution de la quantité de sucre consommée et par conséquent une réduction de l’apport calorique.

Cela peut être un avantage pour une personne qui souhaite maîtriser son poids.

Voilà mon avis sur les édulcorant naturelle pour les femmes enceintes.

Je pense que ce n’est pas la solution pour réussir à réduire définitivement son habitude pour le sucre et donc le goût sucré.

La consommation régulière de sucre maintient notre désir de sucre et de produits ayant un goût sucré. Du coup, notre habitude pour ce goût sucré reste au plus haut.

Cela aura bien sûre une action positive sur la quantité de sucre consommée et donc sur l’apport calorique global, mais cela ne permettra pas un sevrage.

Il serait donc plus pertinent de se déshabituer du goût sucré petit à petit en réduisant son apport en sucre et produits sucrés au quotidien.

Etude comportementale : comment fonctionne t-on ?

Le Docteur Maltz dans les années 50 a constaté qu’il fallait au minimum 21 jours pour s’adapter à une nouvelle situation.

Par la suite, d’autres études ont été menées et il a été démontré qu’il fallait entre 2 et 8 mois pour prendre une nouvelle habitude.

Je pense que cela s’applique tout à fait au sevrage pour le goût sucré. Je vois régulièrement en consultation ce type de problème qui est d’ailleurs très fréquent dans notre société où la consommation de produits sucrés est très élevée (chocolat, bonbons, gâteaux…).

Le travail sur le comportement alimentaire et notamment sur le sucre reste le plus délicat, car il très lié à l’affectif.

Astuces pour réduire sa consommation de sucre :

Pour moi, la première étape est souvent de prendre conscience de ce que représente le sucre de façon concrète et de réduire petit à petit sa consommation.

J’utilise souvent la comparaison avec un nombre de morceaux de sucre. C’est une astuce visuelle qui permet vraiment de marquer les esprits.

Voici un petit exemple : une canette de coca apporte 35g de glucide (sucre), cela représente 140 kcal soit 7 morceaux de sucre.

voici mon calcul : 35 * 4 (apport calorique pour 1g de glucides) = 140 kcal

et un morceau de sucre est égale 20 kcal donc 140 / 20 = 7 morceaux de sucre

Voici un autre exemple pour vous faire à ce calcul : un petit sachet de bonbons Haribo (Fraise Tagada) de 120g : 106 * 4 = 424 / 20 = 21 morceaux de sucre

Je vous propose maintenant d’empiler 28 morceaux de sucre équivalent à une canette de coca et au sachet de fraise tagada, ça fait peur, non !!!

Atout et inconvenient :

En revanche, l’atout majeur de la stévia est que contrairement à d’autres édulcorants comme l’aspartame, il peut être chauffé et donc être intégré dans les préparations culinaires.

L’inconvénient pour certains consommateurs c’est son arrière-goût de réglisse, pas toujours très apprécié. Pour masquer cette saveur, certains industriels n’hésitent pas à rajouter du sucre dans leurs préparations.

Du coup si au final on est obligé de rajouter du sucre, on peut s’interroger sur l’intérêt et l’utilité de cet édulcorant.

Nous parlons ici d’un édulcorant dit naturel, car issue d’une plante, cependant le procédé d’extraction est chimique et des produits comme des agents de charges pour augmenter le volume du produit ou des additifs alimentaires peuvent être ajoutés au produit.

Alors, comment connaître précisément le pourcentage réel de Stévia dans le produit ? Y retrouve-t-on encore un réel avantage ?

C’est là que démarre une lutte acharnée pour décortiquer la moindre étiquette. Encore faut-il que tout y soit bien précisé. Il faudra rechercher le produit le plus riche en stévia ou steviols glycosides.

Pour en revenir aux études faites sur les édulcorants, dont la stévia, elles sont souvent controversées et l’absence totale de risques sur la santé n’est pas prouvée. Alors prudence quant à sa consommation.

Mais qu’en est-il de sa consommation de stévia pendant la grossesse ?

En ce qui concerne la consommation de stevia pendant la grossesse, je serai d’avis de redoubler de prudence et de bien lire les étiquettes des produits achetés.

Pour toutes celles dont le poids n’est pas un problème et qu’il reste compatible à une bonne santé et à la croissance optimale de bébé, sa consommation n’est vraiment pas nécessaire et donc inutile.

En revanche pour toutes celles dont le poids de départ (avant grossesse) indique un surpoids, qui ont une prise de poids importante pendant la grossesse ou qui ont développé un diabète gestationnel cela peut être un bon moyen de réduire sa consommation de sucre.

Cela aura un intérêt si le problème lié au poids vient effectivement de l’excès de sucre. On pourra avoir ainsi une meilleure maîtrise de son poids ou de ses glycémies.

Cependant, un travail sur son comportement vis-à-vis du sucre est à mettre en place pour se déshabituer progressivement de cette attirance pour le goût sucré.

N’oubliez pas que la gestion du poids passe avant tout par une alimentation équilibrée, régulière et modérée. Généralement, le sucre n’est pas forcément le seul problème !

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